Miroir Magique, une autre

Publié le par boxon

« Passez de l’autre côté.

 

Traversez le miroir.

 

Frappez à la porte du Miroir Magique.

 

24, rue des Tanneurs

 

Quais de la fosse

 

4400 Nantes. »

 

, disait la carte de visite. Sobre et chic.

 

 

La première fois que vous vous présentez au Miroir Magique, vous êtes conduit par une soubrette, jupe courte, tablier en napperon qui souligne la taille et les hanches et regard malicieux. Le ton est toute suite donné. Rien de provoquant là-dedans, la fille est belle, on a envie de la suivre. Elle vous conduit à travers un couloir aux murs capitonnés. Le client, en confiance, suit le petit nœud du tablier blanc qui se balance sur la croupe chaloupante de la demoiselle. Sur les boiseries, les scènes érotiques des tableaux défilent. A la position 53 du Kama-Sutra javanais, vous vous arrêtez devant une porte. Veuillez patienter ici, Melle Nyx va descendre.  Et voilà l’homme seul dans la salle d’attente.

 

 

Ma salle d’attente.

 

Le rouge des rideaux, un velours pourpre, lourd et imposant, qui tombe comme un tailleur Chanel, c’est ce qui vous attire l’œil. Susciter la curiosité, créer la surprise sont les crédos de Mademoiselle Nyx. La pièce est grande et vide, il n’y a pas de fauteuil, ni chaises, ni aucune sorte de sièges pour inviter le client à s’asseoir. Il pense sans doute que cela signifie une attente pas trop longue, du moins dans un premier temps. Ensuite, après une minute à regarder ses ongles, il s’impatiente. Toujours. Il n’y a même plus d’illustration au mur pour occuper son regard, seul, sur le mur du fond ce rideau rouge. Il s’approche de la tenture, ils le font tous. Ils se demandent toujours ce qu’il y a derrière, ce qu’on leur cache. Toujours, ils jettent un coup d’œil en arrière. La porte est bien fermée, c’est dans la solitude qu’on assouvie cette curiosité. Toucher le rideau, c’est déjà l’ouvrir, c’est déjà savoir ce qu’on va y trouver. Le jeu des lumières sur le tissu rouge est envoûtant, la matière est douce et appelle la caresse.  Je vous espère derrière mon rideau. Je vous attends, je vous imagine. Vous ne me toucherez pas, jamais, car au moment où vous m’apercevez, il est déjà trop tard. Mademoiselle Nyx apparaît alors.

 

 

 

Publicité

Publié dans ébauches diverses

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article